Le Baptême
Au XIIème siècle, les baptêmes avaient lieu deux fois par an, la veille de Pâques et la veille de la Pentecôte.
Depuis le concile de Trente 1545/1563, on baptise dans les trois jours suivant la naissance. Si l'église est loin, il est recommandé de prendr de l'eau bénite avec soi, que l'enfant meurt en route n'est pas grave : l'important c'est qu'il soit, au moins, ondoyé !
En cas de difficulté, lors de l'accouchement, le baptême "intra-utérin" a été discuté puis accepté par le rituel romain (en 1867, un docteur préconise encore l'emploi d'un entonnoir de son invention pour faciliter le baptême intra utérin).
Le bapteme permet d'honorer les membres de la famille. D'abord les grands parents, conséquence, les cousins germains aînés d'une famille portent souvent le même prénom, celui du grand père commun. La mère est souvent absente du baptême, elle est considérée comme impure. Cette cérémonie ne doit pas avoir lieu ni un vendredi, ni un 13 du mois.
Le choix du parrain et de la marraine était une décision importante dans les familles chrétiennes, puisqu'il engageait et garantissait la foi du nouveau-né.
Les premiers cadeaux à la mère (extrait du livre de J.C DEMARD "Traditions et mystères d'un terroir au 19ème siècle)
A Beulotte saint laurent, le parrain, dès qu'il savait la naissance de son filleul, faisait cuire une grosse brioche de quatre livres. En même temps, il faisait cuire une miche de pain de même grosseur que la brioche qu'il portait au dessus de celle-ci. A ce cadeau, il joignait une bouteille de vin pour le rétablissement de la mère (Servance 1820).
Jusqu'à la fin du 19ème siècle, on pensait que si un enfant mourait sans avoir reçu le sacrement, le péché originel n'avait pas été effacé et l'enfant n'était pas en état de grâce.
Le cortège du baptême était singulier. En tête le parrain portant sur la poitrine un "bouquet", une gerbe de fleurs (blanches de préférence) avec des rubans "larges de quatre doigts qui descendaient jusqu'au milieu du mollet". La marraine -qui avait acheté le ruban et confectionné le bouquet- tenait l'enfant depuis la maison jusqu'à la première eau (rigole, fontaine, ruisseau). Là, c'était le parrain qui le prenait pour franchir l'eau : une coutume à respecter scrupuleusement.
Le repas
A Ternuay, à Saint-germain, vers 1840, le premier repas s'appelait "nailles" du nom des noisettes, noix et dragées qui étaient distribuées à la sortie de l'église.
Aux Granges du Bois (St-Bresson), c'était le parrain qui organisait le repas le jour de la cérémonie religieuse ; il était tenu d'inviter à ce repas le père de l'enfant, la marraine et la sage-femme.
Le repas était souvent très modeste, le parrain et la marraine devaient, selon leurs moyens, aider la famille à acheter quelques bouteilles de vin que l'on buvait à la santé des parents. Une dame du hameau des Chaseaux (Ht du Them), prit du café pour la première fois en 1878 à 18 ans, à l'occasion d'un baptême dont elle était marraine.